Les fleurs ont eu le temps de faner


Les jours de départ, monte en moi une excitation qui vient sûrement des départs en vacances avec mes parents quand j’étais encore enfant.
J’avais pour habitude, — que je partage avec tous les enfants du même âge, je pense — d’apporter plusieurs choses qui me paraissaient importantes : ma console de jeu, mes crayons de couleurs, des carnets pour dessiner, mais surtout mon doudou, habitude que je n’ai pas perdue aujourd’hui puisqu’il m’arrive, pour chaque départ, de glisser dans une poche qui lui est dédiée à l’intérieur de mon sac, mon doudou, pour qu’il voyage avec moi.
Tout au long du trajet, jusqu'à mon arrivée, je veille évidemment à ce qu’il ne se retrouve pas dans des postures qui pourraient lui être désagréables voire qui pourraient le blesser lors du voyage. Par blesser, j’entends bien sûr faire en sorte qu’il ne se brise pas une jambe ou un bras.

Une fois arrivé à ma destination, je le sors de sa poche et le dispose sur l’oreiller de mon lit, voire le borde parfois, de telle manière à ce qu’on imagine comme un tout petit individu couché dans un lit immense, la tête reposée sur son oreiller géant. En effet, et j’aurais surement dû le préciser plus haut, mais ce n’est pas un doudou monumental, il est plat et ne mesure pas plus de 15 centimètres de haut.

juillet 2019
impression risographe
21 x 29,7 cm
2 couleurs
50 exemplaires